« C’est quand plus rien n’est certain, que tout devient possible. » Philosophie du changement.


Un petit dessin pour illustrer l’une de ces clés du changement.

Sur l’autoroute des possibles, plongé dans vos pensées ou trompé par votre désastreux sens de l’orientation (oui, c’est votre femme qui tient la carte, c’est toujours ce que l’on dit 😀 ), vous avez dépassé sans les prendre toutes les sorties susceptibles de vous emmener au soleil du camping des Flots. Vous voyez ce gros nuage noir ?

La décision de quitter alors la voie, certes encore confortable car droite et éclairée, de la certitude (elle mène à Rome, c’est bien connu) , va paradoxalement vous ramener vers un champ de possibilités beaucoup plus ouvert.

Cela a un prix, mais le doute et l’incertitude peuvent (parfois) être vos amis. Dans cette configuration, ils ne sont au moins plus vos ennemis.

Connaissez-vous le Yi-Jing ?

C’est un manuel chinois, datant du 1er millénaire avant l’ère chrétienne, dont le titre signifie « Classique des changements » ou « Livre des mutations ».

Loin de la technique de marabouts et autres Madame Irma que notre culture occidentale prête un peu facilement à tout ce qui – en sortant trop des modes d’analyse de notre cartésianisme très français – lui échappe, le Yi-Jing est en réalité une démarche de recherche cosmogonique très élaborée (Leibniz avait souligné sa structure mathématique, et y aurait vu la première formulation de l’arithmétique binaire), construite au fil de siècles d’observation et de formalisation d’une sagesse, sinon universelle, du moins « populaire ».

Comme d’ailleurs de nombreux arts ésotériques, sa finalité n’est – évidemment – pas de « divination » ou de « prédiction » absolue de l’avenir, mais de proposer une carte géographique relative, une modélisation des états du monde, et de leurs transformations ou évolutions possibles, en s’efforçant d’y rendre compte des mécaniques naturelles, notamment celles humaines relationnelles.

In fine, le Yi-Jing est donc une (la première) théorie du changement : une étude de ses processus. C’est une leçon d’un intérêt culturel, historique et philosophique certain, a fortiori en ces temps de mutation globalisée et accélérée.

Je le maîtrise trop peu pour vous en parler comme le ferait un spécialiste, mais pour l’anecdote, si je devais associer au Yi-King la situation que j’évoquais au-dessus, elle correspondrait sensiblement à Pô (hexagramme n°23, traduit par « la destruction, l’éclatement »). On trouve en général pour cette figure la description classique suivante (je vous en ai mis l’image ci-contre, les 64 hexagrammes du Yi-King constitués de 6 traits pleins ou cassés, se « lisent » de bas en haut) :
« Les traits sombres s’apprêtent à monter et à causer la chute du dernier trait, qui est ferme et clair, en le désagrégeant par leur influence. Dans ce type de situation, il convient de s’arrêter, de s’occuper des bases. » (…) NEUF en haut: L’homme voit la voie, à nouveau, s’ouvrir devant lui. Tout aspire à l’ordre et c’est celui-ci, « ses racines », qu’il faut trouver, pour y conformer soi-même (le plus important) et les autres. »

« Le Yi-King ou Livre des transformations de l’archaïque magie chinoise apporte l’image la plus exemplaire de l’identité du Génésique et du Génétique. » (Edgar Morin)

Êtes-vous partisan de cette philosophie du changement, ou pensez-vous qu’il soit préférable de rester en zone (provisoire) de confort, pour s’épargner toute l’ampleur du doute et de l’incertitude, en quelque sorte du « vide » qui précède la reconstruction d’un « nouvel ordre » ?

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