Oeuvre au rouge. Bonne année 2014 !


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Une couleur fondamentale dans toutes les civilisations

La stabilité de la couleur rouge, la maîtrise très ancienne de ses techniques pigmentaires (Adam, du lat. Adamus, signifie « fait de terre rouge ») lui ont conféré un rôle historique, dont témoigne la richesse sémantique de ses nuances (garance, cramoisi, vermillon, etc.).

Teinte éclatante, sa réalisation coûteuse l’a longtemps réservée très exclusivement à l’élite : rois, chefs, dignitaires religieux… Le rouge est devenu symbole par excellence de pouvoir, de puissance, de dignité, de mérite, de maturité, d’honneurs rendus.

Couleur du sang, du feu, du soleil en fusion avec l’horizon, le rouge incarne l’énergie vitale, la chaleur et l’amour, et dispose d’un rapport privilégié avec la lumière.

Mais le principe de Vie est ambivalent : le rouge figure aussi les démons, la destruction et la mort, la violence ou le martyr (le rouge cardinal – pourpre cardinalice – renvoie chez les chrétiens au sang versé par le Christ), tout comme il accompagne les renaissances (le phénix se pare de rouge flamme), la résurrection, les révolutions… Il symbolise l’esprit, la connaissance, la régénération et l’immortalité.

L’ultime phase du travail alchimique

Dans la tradition alchimique, l’oeuvre au rouge (l’incandescence, rubedo) est, après l’oeuvre au noir (calcination) et l’oeuvre au blanc (purification) – on peut aussi inclure la sublimation (jaune) – la toute dernière étape du travail des alchimistes. La réanimation du feu primordial fait apparaître la Pierre Philosophale : ainsi s’achève le « grand œuvre ».

La psychologie jungienne a repris ces mêmes phases pour décrire l’individuation psychique : transformation intérieure – réalisation spirituelle résultant de la rencontre avec l’ombre – et archétype de réalisation de la Totalité (l’homme universel). Le processus trouve dans la rubedo son aboutissement : l’intégration du conscient et de l’inconscient, dans le Soi.

L’oeuvre au rouge, c’est donc le rassemblement dans l’incandescence de tous les morceaux, c’est l’obtention de la plénitude et de la complétude, c’est la conscience rayonnante.

Au sens métaphysique, la transmutation se fonde sur des principes d’équivalences où tout changement d’être personnel entraîne des transformations au monde. L’intérieur modifie l’extérieur, et réciproquement.

 

“ Lorsqu’une chose évolue, tout ce qui est autour évolue de même. ”

– Paulo Coehlo (L’alchimiste)

C’est pourquoi je vous souhaite – et la souhaite donc à tous et tout ce qui nous environne – une année 2014 d’oeuvre au rouge : de régénération, de force d’âme, de densité, de sagesse et de rayonnement.

 

“ Le feu lui-même n’est pas le vrai feu, il n’est que le feu flambant, brillant, cendrant. Lointaine image du vrai feu, du feu lumière, du feu pur, du feu substantiel, du feu principe. Du feu sexualisé que produit l’homme primitif au feu mystique, la gamme entière des diverses zones du psychisme humain et des possibilités de l’esprit est parcourue. C’est la symbolique de la lumière qui permet d’atteindre à cette ultime et incomparable hauteur, car seule, la lumière autorise l’idéalisation du feu. Elle permet de faire de la lampe du profane le phare du mystique et du saint. ”

– Gaston Bachelard (Psychanalyse du feu)

 

Soleil by Thomas Bresson sur Flickr (licence CC BY 2.0)

Soleil by Thomas Bresson sur Flickr (licence CC BY 2.0) : Soleil pris en afocal (aucune idée de la focale de l’oculaire) à travers un PST Coronado prêté par le club d’astronomie de Seloncourt : Astro400. Cliché pris à Seloncourt lors des journées astronomiques seloncourtoises.

 

Bonne année 2014 !

 

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