Puzzle


Gérer le changement, c’est parfois avoir en main un de ces puzzles de compétition, dont on ne connaît au départ aucune des pièces, retournées, et dont on ignore la représentation globale. Pourtant, cette image finale, elle existe.

Il faut soulever les pièces, les reposer, observer, questionner, comprendre : la forme, la tonalité, le sens, de chacune d’entre elles.

Il faut déceler quelles inter-relations optimales elles peuvent ou non avoir avec chaque autre : mettre de la logique et tous ses talents de mécano pour regrouper ce qui va forcément ensemble.

Il faut aussi du sens artistique et de l’équilibre, pour positionner, dimensionner et orienter les choses, par rapport à l’environnement … ou bien l’on finit toujours par se prendre les manches dans les pièces du haut, celles d’un « ciel » déjà bien établi … mais qui erre et déborde où il n’a rien à faire : tout au bas de la table !

Il faut enfin de la finesse, vouloir concilier, mais sans craindre d’ajouter fermement de l’huile dans les rouages de pièces mal ébavurées, pour les aider à cohabiter avec leurs nouvelles voisines, encore inconnues hier.

Il faut, vraiment, vouloir comprendre comment tout cela peut s’imbriquer. Sans forcer. (Ce n’est toujours qu’un succès de courte durée, qui, à lui seul, interdirait de jamais achever le puzzle)

Le changement est comme ces puzzles : dès la première seconde où vous retournez toutes ces pièces éparses, vous vous faites d’emblée une notion plus ou moins précise de l’image finale, de son esprit, de sa tendance : un paysage de carte postale, un portrait, un abstrait ou une peinture impressionniste …

Et puis, petit à petit, chaque pièce qui trouve sa juste place fait ce miracle que la nouvelle image apparaît, globale, belle, de plus en plus précise, rendant toujours plus facile l’ajustement des pièces restantes. (Hormis quelques inévitables irréductibles qui parfois vous narguent jusqu’à vous induire encore en erreur, même en ne restant plus que 2 ! ;o) )

Mais un puzzle n’en reste pas moins qu’un édifice très instable, que le moindre mouvement mal mesuré disperse, et qui, si grand soit-il, n’a surtout d’intérêt que dans sa construction – reconstruction permanente : au fond, ce n’est qu’un jeu.

La Vie, le plus grand puzzle du monde (24.000 pièces)

La Vie, le plus grand puzzle du monde (24.000 pièces)

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