2RO, blog de Corinne Dangas

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jeudi 11 mars 2010

SocialCompare, un site pour créer et partager des comparatifs (10 invitations)



Voici un tout nouveau site dont j'ai trouvé le concept franchement très prometteur, malgré un design encore 100% absent (le site est en bêta) et une usabilité très perfectible.

SocialCompare permet de créer, éditer et partager des comparatifs sur ... tout ! Produits, services... nul doute qu'il y a de la matière : de l'inévitable Nexus One vs iPhone, aux clients Twitter (Seesmic vs Tweetdeck), e-readers (iPad vs Kindle), outils de screencast (je ne vous les liste pas tous, mais j'y ai fait 1 ou 2 découvertes intéressantes pour se substituer à mon Jing favori !), on peut encore imaginer bien d'autres incontournables comme les Firefox vs IE vs Opera vs Chrome en passant par les APN ou les aspirateurs ! J'ai même pu découvrir les vertus nutritives comparées, des plus pointues et au mg de vitamine C près, de la pomme et de l'orange. :) 

Les comparatifs sont publics, partagés entre amis ou privés, et disposent d'un code exportable sur un site externe ou un blog. Et comme sur tout site collaboratif qui se respecte, ils peuvent bien sûr être révisés, notés ou traduits par les autres contributeurs.

Travaillée encore qq semaines avant un lancement public, dans une orientation plus franchement collaborative, et surtout nettement plus graphique et ergonomique (je n'ai pas réussi à trouver comment laisser une note ou un avis), l'idée est en tout cas excellente. Voilà une autre façon de structurer l'information et d'organiser les connaissances, encore peu exploitée de façon systématique, qui, à côté des Wikipedia, des Slideshare ou d'autres encore, a sans aucun doute une véritable valeur ajoutée globale à démontrer. 

Si l'aventure vous tente, voici 10 invitations pour tester le site. N'hésitez pas à laisser votre avis sur ce nouvel outil, et bon courage à toute son équipe !

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dimanche 1 novembre 2009

Survivre à l'ère de l'information



En 1930, la masse totale d'information disponible dans le monde doublait environ tous les 30 ans.
En 1970, cette masse doublait tous les 7 ans.
En 2010, elle doublera... toutes les 11 heures.

Ces estimations de 2006 (Dr Nick Bontis, Institut for Intellectual Capital Research, 2006. IBM, Le Téraoctet Toxique), donnent le vertige.

Une certitude : la gestion de l'information est désormais LE sujet vital pour les entreprises. Comment, à ce rythme, rester vigilant et réactif à toutes les opportunités et menaces, et garder une longueur d'avance ? Comment qualifier et traiter avec pertinence ? Comment stocker et conserver ? Comment diffuser et partager ?  Comment, en ces conditions de survie en milieu extrême, gérer des volumes astronomiques et constamment renouvelés de données, et les enjeux effrayants de pérennité d'utilisation et de rapidité d'échange qu'ils sous-tendent ?

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vendredi 7 août 2009

Soumission à l'autorité, de Milgram à Zone Xtrême : que les désobéissants lèvent le doigt ! (1)



Fin 2009 devrait voir la diffusion sur France 2 de La Zone Xtrême, un jeu où chaque mauvaise réponse est punie ... par des décharges électriques !

Le principe est d'une simplicité enfantine : chaque candidat mémorise 27 associations de mots. Il est ensuite interrogé par un autre candidat, qui lui administre à chaque erreur un choc électrique croissant : 20 Volts à la première, 40 V à la deuxième... et ainsi de suite jusqu'à 480 V.

Mais jusqu'où ira la télé-réalité ?!

Rassurez-vous (un peu) : pas bien loin pour l'instant. Le questionné est un comédien, les décharges n'en sont pas : tout ici est faux, sauf le candidat bourreau, testé à son insu sur sa "faculté" à torturer les petits copains sans coup faillir. Le véritable but de l'émission, d'après son producteur : démontrer le pouvoir d’asservissement de la télévision. Comment ? En transposant l’expérience de Milgram dans un jeu télévisuel.

Je veux démontrer que la télé peut faire faire n'importe quoi.

Le documentaire, produit par Christophe Nick, vise en effet à reproduire un classique des manuels de psycho : l'expérience menée aux Etats-Unis dans les années 60, par le psychologue Stanley Milgram, enseignant à Yale.

Des volontaires, enjoints d'administrer à un autre participant des décharges électriques de puissance croissante à chaque erreur, ignoraient que ce prétendu cobaye était complice, et qu'aucun choc électrique n'était en réalité infligé. Démontrant ainsi au passage, et à la stupeur générale, que 62,5% d'entre eux allaient pousser jusqu'à la décharge maximum. Parce qu'un scientifique leur en avait donné la consigne.

Là où la légitimité prenait sa source dans la blouse blanche de la Science chez Milgram, elle émane pour Christophe Nick, producteur de l'émission, de la Télévision, prescriptrice possible selon lui des injonctions les plus absurdes, voire destructrices.

Télé-réalité ou Télé-autorité ?

manettes de réglage

80 candidats ont participé à ce jeu, dont le tournage s’est terminé fin avril. Les résultats bruts doivent être analysés et ne sont pas officialisés, mais selon les constats dévoilés par la presse en avril dernier, 80 % des candidats sont allés au bout.

80 % des candidats auraient administré la tension maximale, torturant et infligeant potentiellement la mort à leur partenaire de jeu. Parce qu'un animateur de télévision leur en avait donné la consigne.   

Il faut prendre avec moultes pincettes la validité même de "l'expérience" et les écarts de contexte à celle de Milgram. Il fallait déjà accepter de participer à un jeu télévisuel. Être "acteur" d'une émission regardée par des millions de personnes est probablement un facteur ou un contre-facteur supplémentaire à "aller au bout". Et c'est sans parler de l'appât d'un gain d'un million d'euros ! (les volontaires de Milgram ne touchaient que 4 $). En outre l'émission n'aura sans doute pas testé les variantes instructives dont Milgram avait éclairé son expérience (Cf. un prochain billet). On est évidemment là dans le divertissement informatif, non dans l'étude scientifique.

Mais le producteur soulève ainsi deux questions. Celle de la force coercitive de la télévision et de ses animateurs, apparemment parés d'une légitimité et d'une influence à la hauteur de toutes les craintes. Et celle des limites des méthodes employées : "jusqu'où peut aller la télé ?"

"La télé utilise tous les moyens de la télé pour tuer la télé."

Face au constat des dérives de certains programmes, où la mort en direct n'est plus très loin d'être le divertissement de demain, l'objectif déclaré du reportage est de mieux comprendre les mécanismes de cette forme de télévision, et le rapport qu'y ont les candidats et téléspectateurs. (Christophe Nick est auteur de plusieurs séries documentaires - Chroniques de la violence ordinaire, Ecole(s) en France, La Résistance... - et du livre "TF1 un pouvoir".)

Or ce supposé documentaire anti-télé-réalité, c’est très exactement de la télé-réalité, utilisée et scénarisée pour les besoins de la démonstration. Il atteint donc là ses propres limites : comment la télé saurait-elle juger la télé ? Libération a ouvert ce débat en opposant à Nick d'user "des mêmes moyens contestables que ces émissions qui poussent leurs participants, volontaires, à explorer leurs bas-fonds". Se prévaloir de morale, d'éthique ou de didactique, ne revient-il pas à donner bonne conscience aux téléspectateurs sur le voyeurisme qui sous-tend leurs motivations ? Est-ce un projet si novateur et instructif, que de démontrer que la télévision peut faire faire n'importe quoi ? A quoi bon enfoncer des portes ouvertes, et flirter avec la ligne blanche pour cela ?

France 2 assure avoir respecté l’ensemble des conditions éthiques imposées par les scientifiques (psychologues, psychosociologues et professeurs de sciences de la communication) associés au projet, notamment un post-suivi des 80 participants. Mais si ceux-ci se voient rassurés au cours du "jeu" sur les effets des décharges ("rien d'irréversible"), quid en revanche des blessures à la dignité humaine, des atteintes à l'image de soi et de l'autre ? Du déni de leurs affects profonds infligé tant aux cobayes, mis quelques minutes face à la conscience d'être plongés dans l'inconcevable, qu'aux tortionnaires réalisant l'épouvantable "facilité logique" à le devenir ? (et c'est oublier les équipes de tournage)

La barbarie est une menace omniprésente, inhérente à la condition humaine. Tout procédé constitutif de la déshumanisation d'autrui, toute banalisation, fût-ce au travers d'un jeu-expérience-documentaire, y concoure. Alors faut-il y jouer pour le démontrer ? Ou faut-il se voiler la face pour s'en préserver ?

La pédagogie utilise-t-elle tous les moyens de la pédagogie pour tuer la pédagogie ?...

Nick dit observer que le leitmotiv des candidats est le sentiment "d'avoir appris quelque chose".

Et l'enseignement qui a émergé des travaux de Milgram (eux-aussi controversés) peut-on d'emblée le dénier à un film ou un reportage de "divertissement" ? Au motif qu'ils ne sont pas le fruit de la réflexion et l'étude d'un universitaire, mais du regard d'un journaliste, d'un scénariste ou d'un écrivain ? Et/ou parce qu'ils cherchent à toucher un large public ?

Éternelle question, et miroir dans le miroir de l'expérience : la blouse blanche fait-elle plus autorité que la télé en matière de pédagogie, la recherche scientifique a-t-elle (et jusqu'où) la légitimité, voire le monopole, d'une fin qui justifie les moyens ? (Pour l'anecdote, Milgram, connu aujourd'hui comme l'un des psychologues sociaux majeurs du XXe siècle, aura d'abord été refusé à Harvard pour son insuffisance d'études en psychologie)

L'émission la posera peut-être. Car l'expérience de Milgram est un classique, largement popularisé, notamment à travers "I comme Icare", film culte d’Henri Verneuil avec Yves Montand, diffusé maintes et maintes fois par la même télévision.

Pas suffisamment pourtant, semble-t-il, pour que la majorité des participants ait réalisé y être plongée. Ce, en dépit d'une hétérogénéité des âges et milieux sociaux qui visait les conditions de représentativité d'un panel, et non celles d'un programme ciblé façon Star Ac' ou Loft Story.

Une autre question, certes très basique, mais intéressante pour le devenir d'une humanité qui, accédant à toujours plus d'informations, est forcément investie de la mission de savoir les analyser et les traiter, serait donc de se demander dans quelle mesure la connaissance antérieure de ce film aura réussi, ou pas, à prémunir certains autres candidats de "tomber dans le piège". A rapprocher aussi de ceux qui l'auront été - ou pas - pour avoir déjà lu "Soumission à l'autorité", ou fait des études en sciences sociales ;) 

Sans conclure, à défaut, que l'un ou l'autre auront été des coups d'épée dans l'eau, cela pourrait le cas échéant démontrer la capacité de la télé à remplir, aussi, dans son contexte et avec une efficience certes limitée mais existante, le rôle de vecteur culturel qu'elle s'est donné. Une aptitude pédagogique à faire contrepoids à ses propres effets pervers, en ayant également eu celui d'élargir le champ de conscience et d'analyse de quelques uns des participants, à l'instant crucial d'administrer la décharge mortelle.

Finalement, pour reprendre les mots de Claude Chabrol au même Libé en 2001 : "A la télé, tout est bien. Il suffit de se mettre à la bonne distance. […] Bien sûr, il y a des choses tellement immondes qu’il faut se mettre très loin, mais c’est passionnant. […] Il faut simplement régler son viseur.
Comme partout.

A suivre. (Milgram et la soumission à l'autorité, processus de l'obéissance et de la désobéissance, déconstruction de la conscience individuelle)

dimanche 12 avril 2009

Google étend ses fonctionnalités de recherche visuelle



Quelques nouvelles fonctionnalités apparues récemment sur Google (US) qui témoignent d'une démarche, amorce probable d'un mouvement stratégique plus global, dans la direction de la recherche visuelle.

Un filtrage par couleur sur Google Images

Chaque recherche d'image effectuée peut maintenant être filtrée par couleur dominante, parmi les 12 proposées : red, orange, yellow, green, teal, blue, purple, pink, white, gray, black, brown. Des résultats très esthétiques et, surtout, significatifs !

Wonder Wheel : un outil de recherche visuelle

Ce nouvel outil fait partie d'un ensemble de fonctions proposées en test à un panel d'utilisateurs. Via Google Blogscoped, voici une petite astuce javascript pour insérer un cookie vous authentifiant comme participant.  

Sur l'accueil de Google, cliquez sur "Google.com in English", puis copiez cette commande dans votre barre d'adresses et validez :

javascript:void(document.cookie="PREF=ID=4a609673baf685b5:TB=2:LD=en:CR=2:TM=1227543998:LM=1233568652:DV=AA:GM=1:IG=3:S=yFGqYec2D7L0wgxW;
path=/; domain=.google.com");

Saisissez alors votre requête et cliquez sur "Show Options" pour découvrir ces nouvelles options, visibles dans le menu latéral.

Parmi elles, Wonder Wheel vous donne accès à un outil en Flash de visualisation des résultats et de navigation par clusters sémantiques, à l'instar des moteurs de recherche à interface cartographique comme TouchGraph ou Kartoo.

Une fonctionnalité dont le cadre est ici certes limité, mais complètement intégré, ce qui pourrait avoir le mérite, si Google l'installe et l'élargit, de démocratiser ce type d'outil. De quoi réjouir les passionnés dont je suis, des méthodes d'organisation et représentation visuelle de l'information (topogramme, cartographie sémantique, cognitive, schéma heuristique, mind mapping ...)   

Timeline : un classement daté des résultats

Encore un outil disponible dans ce menu, dont un usage m'est apparu intéressant pour les amateurs de généalogie (un autre de mes vices) : le classement chronologique des résultats.

Timeline m'a en effet permis de trouver trace d'un nouveau (mais très lointain) "cousin" ... galérien. Fils de présumés ancêtres, ce grand-oncle Jacques fût en effet condamné à Montpellier "pour être allé à Orange" (ça c'est du délit) ... le 26 septembre 1698. Plus de trois siècles pour le premier enregistrement de mon nom par Google en France ... quelle histoire ! :) 


Enfin, ce menu étendu offre, plus généralement, des fonctions qui visent principalement à filtrer les résultats sur des critères chronologiques ou de contexte. Ainsi vous pourrez restreindre votre champ de recherche aux contenus récents (24h, une semaine ...), ou encore aux avis d'utilisateurs, aux forums, ou aux vidéos. De quoi élargir la traditionnelle recherche sur les blogs.

Avez-vous testé ces outils de votre côté, qu'en pensez-vous ?

dimanche 18 janvier 2009

"Did you know ?" Où l'on voit pourquoi l'avenir est à la monétisation de la mise en relation !



Pour se donner une idée du niveau effrayant de complexité qui nous attend dans l'ajustement entre l'offre et la demande ... d'information !

Dans cette croissance exponentielle, la valeur n'est plus la transaction, c'est l'interaction. La capacité à créer le lien, organiser les espaces d'échange, adresser les flux informationnels, structurer, qualifier, promouvoir des contenus générés en quantité inconcevable par une masse insaisissable, à la fois consommatrice et productrice, dans une temporalité évanescente, avec une qualité aléatoire... Dur métier que celui d'infomédiaire ! :)


Did You Know?

samedi 14 juin 2008

"Toute personne engagée dans la vie active est en droit de faire valider les acquis de son expérience."



Il y a quelques années, une petite fille alors âgée de 2 ans 1/2, en pleine élaboration d'un puzzle Bambi, m'avait tirée par la manche (comme tous les gamins dès que vous êtes occupé à autre chose plus de 3 secondes et demi) en me disant : "Il a 31 pièces". J'ai instinctivement répondu "Non, tu te trompes, ce n'est pas possible" (c'est un nombre premier), avant de prendre la peine de regarder le puzzle ... auquel il manquait 4 pièces.

L'anecdote n'aurait été qu'une petite leçon (tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de faire taire les enfants avec nos semi-vérités bien arrêtées d'adultes), si la suite ne m'avait pas scotchée. Elle avait spontanément poursuivi : "Ben oui, 35 - 4". Oooops ... (euh, mais je croyais que tu ne savais même pas compter jusqu'à 10 ?)

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