déc 082011
 
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Rien ne va plus pour l’entreprise 2.0. « La fin d’un cycle » dit Frédéric Poulet, « A déconstruire » pour Frédéric Bascunana, réinterrogé ici par Carnets RH 2.0. On constate ici et là, que l’entreprise 2.0 ne tient pas toujours toutes les promesses espérées. (même s’il faut mesure garder : les études comme celle de McKinsey montrent que performance, croissance, exportations et emplois créés sont en général proportionnels aux investissements réalisés dans le numérique.)

En résumé : ce n’est pas parce qu’on a une jolie boite de pinceaux et de couleurs, qu’on peut toujours produire un Van Gogh, ni même un tableau simplement correct. L’outil ne fait pas l’art.

Et les outils collaboratifs ne font donc pas le 2.0…

(Dans ce qu’on lui prête de collaboratif, de transversal, de flexible et réactif, ce sont la culture d’entreprise, managériale et l’implémentation assumée des process et axes de pouvoir, qui le font.)

A l’heure actuelle, il est certes nettement mieux de les utiliser (avoir un intranet collaboratif pour collaborer, exploiter le canal Web pour vendre, les medias sociaux pour socialiser, etc.) que de ne rien faire du tout.

Mais, pour autant, tout ce qui brille, n’est pas or.  Et espérer des miracles humains et économiques en ajoutant une pincée d’outils collaboratifs et une dose de community management quelque part en bout de chaîne ou en emballage cadeau, sans surtout rien déranger au reste, relève à mon avis de l’optimisme forcené.

Ce serait occulter la question des usages, et celle de leurs bénéfices perçus (pourquoi adopter des usages qui se surajouteraient aux process existants ?). Dans le meilleur des cas, ils le sont donc à la façon d’un élastique tendu, dont la traction repose souvent sur la dépense conséquente d’énergie de quelques uns : dès qu’on lâche l’élastique, il tend à revenir vers sa position initiale.

Aucun changement ne peut être révolutionnaire, efficient et mesurable, s’il n’est voulu et assumé dans *tous* ses tenants et aboutissants par les pilotes de toute organisation, que ce soit à l’échelle politique ou de l’entreprise. Or changer, c’est difficile.

Cela fait des années que je peste contre les agences qui vendent des paillettes 2.0 tout en mettant leurs clients sous dépendance à grand renfort de « mystères du web » et de « baguette magique du community management ». Là où il y a surtout lieu d’avoir un discours honnête et réaliste sur la crucialité de l’enjeu (bien réel), mais aussi sur la « changeabilité interne », et de viser en première démarche intégration d’usages et formation – accompagnement adaptés et hyper-localisés.

Donc comme le résume parfaitement Bertrand Duperrin ici,  « l’équation ‘Entreprise 2.0 = 1.0 + communautés’ est fausse et biaisée ». Et « le problème plus grave que prévu ».

Et le changement de paradigme, alors ?

Le numérique induit un élargissement référentiel, une architecture distribuée… et l’on a pensé pouvoir faire sans. Le numérique a un potentiel transformateur, mais cet effet structurant est bien trop large (l’échelle est sociétale) et bien trop diffusé (il touche chaque point des organisations, chaque individu… bientôt chaque objet) pour être à soi seul héroïque (et ROI-que) dans l’organisation seule, qui resterait en mode statique – autarcique.

Le 2.0 ne révolutionnera pas tant l’entreprise, que l’entreprise dans la société. 

Les routes (terrestres) n’ont changé l’organisation locale que parce qu’elles ont changé l’organisation globale. Les routes numériques, en cela, ne sont pas différentes.

Ce que je qualifie d’organisation 2.0 (ou 3.0, ou ce que l’on veut…) est donc moins l’entreprise 2.0 au sens souvent admis, que la façon dont ces canaux informationnels transforment la société, donc/dont l’entreprise (mais pas que).

Pour moi j’ai tendance à penser que sur les lignes actuelles, l’on se dirigera donc de plus en plus vers ce que l’on pourrait qualifier de BOM (business organization management) : du design organisationnel. Avec comme moteur la créativité et le sens, et comme matériau, flexible et scalable, le cloud computing. [prochain billet à venir]

Nous n’en sommes pas encore là : dans cette vision ce ne sont plus les flux qui se dérouleront dans l’organisation, mais les organisations qui évoluent en continu et s’organisent autour des flux et meta-flux.

Les écosystèmes de start-up ont donc probablement de beaux jours devant eux. Mais du point de vue de l’environnement déjà fortement structuré (celui de l’ETI ou de la grande entreprise, de l’administration, notamment), cela suppose de sortir les yeux (et les cerveaux) du micro-référentiel « organisation » actuel. Et il est probable que le prochain changement à conduire… soit celui des DRH et DSI elles-mêmes !

Je ne peux pas m’empêcher de conclure sur cet bon mot de Fred Poulet :
« Alors… consultants et éditeurs 2.0, dirigeants en temps de crise, vous chantiez 2.0 ?
Eh bien dansez maintenant ;-)
 »

 

Le débat sur Techtoc.tv 

 


Transformation de chooyutshing, sur Flickr (licence CC BY-NC-SA 2.0)

sept 132011
 
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On a tous à l’esprit l’image de la mère envahissante qui traite son grand garçon de 50 ans et le maintient sous son joug comme s’il en avait 10. L’enjeu ? Le pouvoir, et indirectement l’image de soi.

Élever un enfant c’est lui apprendre à se passer de nous : le conserver dans la dépendance, ne fait évidemment pas de nous un meilleur parent.

De même, en entreprise, différents procédés conscients ou non, peuvent conduire à maintenir ses collaborateurs dans une dépendance, une emprise affective, que la relation professionnelle à elle seule n’explique ou ne justifie pas. Continue reading » Gérer la perte de pouvoir : guider ses collaborat…

août 302011
 
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Le rythme est une clé de réussite.

Savoir maîtriser le rythme de développement d’un projet de création ou de croissance est stratégique.

1) « Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables » : maxime ô combien vraie, mais que trop souvent l’on ne pense applicable qu’aux autres. Lors d’une création d’entreprise ou d’une phase de croissance, après quelques mois voire 2 ou 3 ans, vous vous retrouvez en enfer : parce que vous êtes Superman, vous maîtrisez tout, avez toujours tout fait vous-même, mais vous êtes le seul sur qui tout repose, et rien ne peut tourner sans vous. Envoyer une documentation à un client qui la demande, honorer une commande entrante, payer une facture, sont à la merci de vos temps et rythmes, lesquels sont ultra-pressurisés. L’entreprise risque l’échec (et vous avec).

2) Les risques d’un emballement trop rapide ou mal équilibré dans le déploiement organisationnel. A l’inverse, vous avez peut-être très vite recruté toute votre équipe et organisé votre sous-traitance : « je ne risque donc pas ce problème » direz-vous. Vous en courez un autre : moins de 10% des start-up réussissent et la cause principale d’échec (voir aussi « It’s not how big it is, it’s how well it performs » via @Marc Lipskier) est une surestimation de l’envergure, principalement humaine, à donner au projet Continue reading » Rythmer le développement de la petite entreprise …

juin 142011
 
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Décloisonner, mot clé du XXIe siècle, à mon avis.

Penser global, penser but, penser sens.

Et d’une façon ou d’une autre, gommer les silos, les cadres – trop structurants et donc déstructurants (par insuffisance de finesse et d’ajustement) pour la complexité qu’est la vie humaine – mais qui existent, partout dans nos vies, entre services, entre disciplines…

Continue reading » Décloisonner

mai 172011
 
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Les projets, les sites e-commerce, les start-ups se multiplient : en théorie chacun peut se lancer dans son salon (ça peut marcher aussi dans votre garage, au cas où votre voiture occupe déjà tout le salon :D ).

Je vais prendre le contrepied de ce qui s’entend souvent, de cette facilité apparente : la rentabilité de nombre de sites e-commerce, portails, marketplaces, est un enjeu bien souvent très délicat, a fortiori à court terme.
mai 162011
 
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Il m’arrive, dans certains moments (rares et extrêmes, s’entend :D ) de questionnement existentiel, de trouver très improductif et vain le fait d’avoir à régulièrement gérer et réparer les excès de certains hominidés : ceux qui sont convaincus que la plus grande des victoires qu’ils puissent remporter dans la vie communautaire, politique ou d’entreprise, est de parvenir par la seule grâce de la puissance vocale, hormonale ou financière, à transformer les « non » en « oui », à imposer raison quand ils savent être en tort, à s’arranger avec le gauche quand le droit leur fait défaut, à entraîner leurs talents footballistiques en dégageant en touche leur responsabilité quand ils devraient l’assumer, et à s’exercer avec grande application et par salves régulières à détruire le monde qui les environne.

Et l’actualité politique semble aussi vouloir y aller du sien. Du machisme intolérable et revendiqué de Berlusconi (ici sur Rue89 « ce sont les hommes qui sont salis« ) aux liaisons dangereuses de Strauss-Kahn (ici la romancière Tristane Banon chez Ardisson en 2007) en passant par la constante et toujours opportune exhibition carla-matrimonialesque de Sarkozy, il n’est pas question ici d’être partisan, mais simplement, on se prend à rêver d’un monde où la politique (ne) serait (que) de la politique. Avec juste un tout petit peu moins de testostérone.

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jan 212011
 
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Voici une représentation schématisée intéressante des différents types d’accompagnement de l’entrepreneur et du dirigeant de TPE, par rapport à la notion de savoir – relation. Vous pouvez la trouver dans les Annales 2008 – 2009 du Réseau Artisanat-Université, parues en mai 2010.

(Le but du Réseau Artisanat – Université – développé par l’Institut Supérieur des Métiers avec le soutien du Ministère de l’Economie – est de faire se rencontrer deux univers rarement amenés à œuvrer ensemble : l’université, et l’artisanat et les TPE. Ces annales en capitalisent les observations.)
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jan 092011
 
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Je vous recommande absolument de visionner cette vidéo, et vous promets que vous ne la trouverez pas fastidieuse, même si les questions éducatives ne sont pas du tout au cœur de vos préoccupations ! Il s’agit d’une magnifique illustration animée d’une conférence donnée pour le RSA par Ken Robinson.

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fév 142010
 

Dans un récent billet sur Envie d’Entreprendre, Andrée Fraiderik-Vertino évoque le statut d’intrapreneur, et sa faible reconnaissance : les intrapreneurs sont-ils des sous-entrepreneurs ?

J’ai expérimenté les loupés, les échecs, les petits ou gros obstacles, de l’intrapreneuriat, et je suis toujours frappée de voir qu’en raison précisément de ces différences avec un véritable entrepreneur, ce n’est pas toujours perçu ainsi de l’extérieur, et ces risques absolument pas compris comme tels : pourquoi ? Quelles sont les différences et les points communs entre entrepreneurs et intrapreneurs, et les spécificités de l’intrapreneuriat ?

Intrapreneur = mère porteuse

C’est la définition qui m’en est le plus souvent venue à l’esprit. Nous savons tous combien d’entrepreneurs peuvent être attachés à leur projet, leur entreprise, qu’ils ont conçue et vue grandir comme leur propre enfant. Or être intrapreneur, c’est, aussi, avoir conçu un bébé et avoir assumé en parent tous les stades de la grossesse jusqu’aux premiers pas.

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déc 152009
 
14-11-2010 22-08-06

S’il vous arrive souvent de regretter des décisions prises sous le coup de la colère, de l’angoisse ou du stress, de rompre 20 ans de vie commune en 3 secondes et 140 caractères par Twitter interposé, ou d’envoyer un e-mail rageur à votre patron ou votre plus gros client, et de vous dire tout de suite après que peut-être vous n’auriez pas dû, ce concept va vous intéresser. ;)

Rationalizer est un bracelet qui détecte le niveau de stress Continue reading » Rationalizer : un bracelet pour mieux contrôler s…

nov 012009
 
12-11-2010 23-02-29

En 1930, la masse totale d’information disponible dans le monde doublait environ tous les 30 ans.

En 1970, cette masse doublait tous les 7 ans.

En 2010, elle doublera… toutes les 11 heures.

Ces estimations de 2006 (Dr Nick Bontis, Institut for Intellectual Capital Research, 2006. IBM, Le Téraoctet Toxique), donnent le vertige.

Continue reading » Survivre à l’ère de l’information

mai 242009
 
Mur_Peste[3]

Décider, c’est faire un unique choix, parmi x alternatives, en éliminant toutes les autres. C’est l’instant t où vous prenez un chemin précis et mettez le pied en avant pour faire le premier pas dessus. C’est le moment crucial où vous posez une pierre à tel endroit, et pas à tel autre, pour avoir le droit de vous empresser d’aller chercher la deuxième et décider où vous allez la mettre.

Or être celui qui décide est un rôle paraît-il envié : il y a toujours beaucoup de gens qui aimeraient bien décider, eux aussi. Continue reading » Pouvoir de décider ou décider de pouvoir ?

avr 052009
 

Il y a certaines situations que j’ai personnellement toujours détestées et jamais bien su gérer, que j’ai redécouvertes dernièrement, curieusement à la relecture de quelques classiques de la S.F., d’Asimov. Ce sont celles de « double contrainte« .

Le « double bind » est un concept apparu en 1956, théorisé par Gregory Bateson, qui désigne une situation de paradoxe imposé. Deux obligations ou injonctions contradictoires sont reçues, qui, s’interdisant mutuellement, induisent une impossibilité logique à les résoudre ou les exécuter sans contrevenir à l’une des deux. Le terme de « knot » (nœud) est également employé pour décrire cette (terrible ! :) ) situation d’enfermement. Continue reading » La double contrainte ou l’art de gérer des …

fév 212009
 

J’avais évoqué dans un précédent billet l’importance fondamentale que prend, dans une démarche de changement, la perception, voire l’action sur la structure de valeurs, tacites ou explicites, de l’entreprise. Formalisées ou non, les valeurs existent dans toute organisation.

Or je viens de finir le dernier ouvrage reçu, « Les valeurs », de Thierry Wellhoff (dirigeant fondateur de l’agence Wellcom), et je n’ai pu assister à la présentation par l’auteur, mais je conserve de cette lecture l’excellente analogie à un « code génétique ».

Continue reading » Les valeurs d’entreprise. Résoudre la question …

jan 122009
 
cash-back

D’après un sondage du Journal du Net paru aujourd’hui, et portant sur 1327 répondants (qu’on peut, en outre, sans doute considérer comme des internautes « plus que » moyens), 63 % d’entre eux déclarent ignorer ce qu’est le cash back.

Ayant passé quelques années à prêcher auprès des membres, à une lointaine époque où le terme n’apparaissait même pas sur la home du site précurseur du système en France (ebuyclub) et était souvent ignorédes membres eux-mêmes, j’en conclus qu’il reste encore du pain sur la planche !

Le cash back, kezako ?

C’est la botte secrète de tout e-acheteur avisé qui se respecte. Le pouvoir d’achat de la ménagère de moins de 50 ans. Le cadeau-bonus du petit dernier. L’assouplisseur de carte bleue des aficionados de mode et de fringues. La 5ème semaine des voyageurs – week-endistes. Le ptit soulier du Père Noël des boulimiques de DVD ou de bouquins. La revanche sur le marketing des geeks et des fans de tuning high tech.

Le cash back, c’est simple, c’est le contraire de vos impôts : c’est de l’argent gagné chaque fois que vous en dépensez.

Continue reading » Le cash back a besoin d’évangélisation